El Hajoui MOHAMMED
Ardna (ارضنا)
2024
Ardna, un terme arabe signifiant « notre terre », est une installation composée d’un olivier et d’un tapis de cendre qui l’entoure. Enveloppant et protégeant la plante, la cendre représente un engrais naturel pour ses racines et, en même temps, dessine des géométries rappelant le keffieh, symbole de résilience et de résistance palestinienne.
La cendre devient un emblème d’espoir, qui, tout comme elle fortifie l’olivier et son lien à la terre, vise à faire de même pour le peuple palestinien.
Dans Ardna, l’exécution et le processus sont partie intégrante de l’installation finale. En composant le keffieh, l’artiste entre dans un état de méditation et de spiritualité, tamisant la cendre avec des gestes précis et séquentiels, comme s’il s’agissait d’un acte de dévotion.
« Si les oliviers connaissaient les mains qui les ont plantés,
leur huile se transformerait en larmes. »
Mohammed El Hajoui a entamé sa recherche en s’inspirant d’une citation de Mahmoud Darwish, prononcée lors de l’un de ses discours publics :
« Si les arbres anciens étaient dotés de facultés comparables à celles des humains, ils seraient si submergés par l’oppression de leurs facteurs indigènes que leur essence biologique, leurs dons de préservation de la vie, seraient irréversiblement envahis par la douleur et le désespoir. »
Les oliviers représentent le symbole de la ténacité, de la résistance et de la résilience palestiniennes. Ils font partie intégrante du paysage, et leur culture remonte à près de 6 000 ans. Au fil des années d’occupation, on estime que 2,5 millions d’arbres palestiniens – dont un tiers sont des oliviers – ont été déracinés et intentionnellement brûlés par l’armée israélienne et les colons.
La destruction de ces arbres anciens et précieux est plus qu’un simple acte symbolique ; c’est une tentative, de la part d’Israël, des colons et de l’armée d’occupation qui les protège, d’éliminer la population autochtone.
Le keffieh de cendres a été recueilli dans un geste symbolique collectif, par plus de trente personnes – artistes, public, et l’équipe de Centrale Fies – qui se sont rassemblées autour de l’installation Ardna. Tous les participants ont saisi les extrémités de la bâche en plastique utilisée comme base, et l’ont collectivement repliée autour du tronc de l’olivier, agissant ainsi comme un placenta, avec les cendres et la terre collectées depuis les racines de la plante à l’intérieur.
Chaque olivier utilisé pour la création de cette installation sera replanté sous le nom du projet, et la terre ainsi que les cendres seront enfouies sous et autour de ses racines, agissant comme un placenta, le nourrissant de l’œuvre qu’il accompagnera à jamais.
Réalisé avec des pochoirs en utilisant des poudres : cendre et argile
Cendre d'olive, poussière, argile
500 × 200 cm
Oeuvre unique
Cette oeuvre est exposée au 2ème Salon National des Artistes émergents (Villa des Arts de Casablanca) jusqu'au 30 Novembre 2025
Radici
2021
Pochoir en poudre, avec farine et pigments verts | Métal (porte centrale) poussière (tapis autour) | 500 × 500 × 200 cm




