Dessin, Installation, Numérique, Peinture, Pérformance, Photographie

Safaa KOTBI

16/10/1995
Morocco
Biographie
SAFAA KOTBI
(née à Casablanca en 1995)
Lauréate de l’Institut national des Beaux-arts de Tétouan (2021), elle débute sa pratique en amateur des 2007 par émulation au contact de sa famille qui pratiquent des formes d’art appliquées a l’artisanat.
Elle approfondit sa compréhension de la matière plastique en s’immergeant dans les études théoriques et pratiques de l’INBA. Elle y découvre de nouvelles formes contemporaines qui approfondissent son langage formel et conceptuel.
Son travail reste toutefois lie a ses premiers questionnements induits par son contexte socio-familial.
Elle exprime ses réflexions a travers différents médiums: dessin, installation, performance, photographie et art cinétique.
Démarche
Aux prémisses de son travail, une réflexion, celle de l’héritage, de nos croyances et la volonté de valoriser ce patrimoine culturel immatériel et matériel. Son attention se porte alors sur l’objet qu’est l’aspersoir, « mrecha ». Un travail sur la mémoire, qui prendra différentes interrogations par de multiples médiums artistiques commence à prendre vie dans l’atelier de Safaa. Elle exprime ses réflexions sur différents supports : dessin, installation, performance, photographie et art cinétique. L’objet traditionnel est utilisé comme point de départ matériel à sa réflexion créative. L’aspersoir est appréhendé comme matière première, dans un premier temps par le médium artistique qu’est la photographie. L’héritage, la valorisation d’un patrimoine matériel et immatériel, le questionnement de nos cultures et croyances sont des interrogations qui débutent le processus créatif de Safaa. Le traitement de ce sujet relève les questions sur la culture marocaine, sa représentation dans l’art. Elle explore la question identitaire à travers le prisme de l’archive, de la mémoire collective et familiale. On s’interroge alors avec l’artiste sur l’univers symbolique qui accompagne l’objet et le lie à son utilisateur. Véritable voyage sensoriel : l’odorat, le toucher, la vue ; on vogue dans la mémoire des rites, des traditions et des croyances auxquelles nous ne prêtons plus attention.
Dès la culture antique, l’aspersoir est un récipient en verre utilisé pour asperger un parfum, cela se retrouve principalement dans les cultures liées à l’Islam, des premières traces en Egypte. Aujourd’hui plus communément en métal, elle est intéressée à la fois par l’objet, son utilisation depuis des siècles, et les croyances qui l’habite, objet permettant d’affronter le mal et le destin. Maintenant, même pour en trouver il faut de la « chance », chiner, fouiller, interroger pour avoir cette matière première essentielle à sa création. Le parfum diffusé est toujours celui de la fleur d’oranger. Cela peut s’expliquer par la prononciation de « l’eau de fleur d’oranger » « ma zhar » très proche de la prononciation de « chance » « zhar » en darija. Les matières, les formes, les formats varient selon les régions. Au Maroc, ils sont toujours en bronze et en or. Objet de la culture marocaine, il se retrouve traditionnellement dans toutes les maisons. Chasseur de mauvais esprits, elle travaille à représenter par cet objet les croyances traditionnelles marocaines. Doté de pouvoir surnaturel, pour l’enfant qu’elle était, à l’image d’une baguette magique, c’est avec un regard d’artiste qu’elle l’envisage aujourd’hui. L’artiste entretient un lien très particulier avec l’objet, elle y est très attachée. Il s’associe dans la mémoire de l’artiste à sa grand-mère et au rituel d’accueil des invités. Enfant, elle était toujours la première à l’utiliser. Safaa aime retranscrire visuellement les événements et porte son regard sur différents objets traditionnels marocains. Elle travaille à changer la fonction de l’aspersoir, le valoriser pour lutter contre sa disparition peu à peu des habitudes, et des maisons.
Une enfance au cœur de la foule et du bruit de la ville effervescente de Casablanca, et des traditions familiales, créant dans sa personnalité des tendances créatives et artistiques. Nous héritons, non pas seulement matériellement mais aussi immatériellement, de nos ascendants, de leurs traditions, des croyances familiales,
d’images et de souvenirs. Le décès des grands-parents de Safaa a été un marqueur dans son parcours de vie, cela se ressent dans son cursus artistique. Elle détourne cet objet traditionnel pour mieux se le réapproprier, permettant un travail sur la mémoire d’une tradition, une mémoire familiale commune. Couplé à un retour dans le cocon familial après quatre ans à étudier à Tétouan, cela l’a inspiré de manière inédite, marquant une étape qu’elle définit comme un « processus de cocooning ». Lui offrant alors une grande liberté créative, Safaa va produire de nombreuses œuvres inspirées de sa tradition, ses croyances, sa culture, son retour dans la ville blanche dans le milieu familial et forte de son expérience à l’Institut des Beaux-Arts de Tétouan. Son travail permet aussi à Safaa de créer son propre univers au sein de l’espace familial, de se créer une bulle tout en restant dans la sphère familiale. Ainsi, cette disposition lui permet d’interroger son rapport aux autres, les rapports familiaux, les rapports à la culture et aux croyances.
La question de l’héritage est la ligne conductrice du processus créatif de cette artiste. Héritage immatériel et matériel, lorsque sa grand-mère décède, tous les objets sont partagés, il ne reste que cet objet emblématique abandonné. Pendant un temps, elle l‘utilisait chez sa grand-mère pour continuer à la faire vivre d’une certaine manière, précieux héritage pour Safaa.
Son travail doit être intégré dans la vie quotidienne, cela s’illustre par la participation de sa famille et par son intérêt pour les objets traditionnels du quotidien, les archives. Elle contribue à revaloriser tout ce qui a été oublié et qui contribue à notre identité. Elle déplace les objets traditionnels pour leur en conférer une valeur d’œuvre d’art et ainsi leur offrir leur pérennité méritée.
Témoignages
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Expositions collectives
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YASALAM Print Exhibition , collective de L’art d’Afrique du Nord, du Levant et du Golfe, a la galerie lblasa art space, marrakech
2022
Exposition de la sortier de la residence bayt al fan a la bibliothèque nationale de rabat.
2022
Exposition collective a galerie meki mghara a tetouane maroc.
2018
Exposition collective a centre d’art modern de tetouane.
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Exposition collective avec l’artiste palastinienne RUBE ABOSHUSHEN a galerie sayyida al hurra, chefchaouan .
Résidences
2022
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2023
residence peri peri, a el jadida.
Catalogues, articles de presse, publications
2023
creation de visuelle de la troisième édition de la residence bayt al fan.
Écoles, formations, stages, workshops
2023
Atelier de vannerie et de tissage et bijoux avec les artisans et les artistes, dans le cadre de la résidence “عمل وقت الراحة” avec l’atelier ambigu,
2023
workshop, avec l’association BASMA ”savoir etre et savoir dire”.
2022
participation 15 eme edition au biennale des école d’art en Méditerranée.
2022
ATELIER SÉRIGRAPHIE AVEC L’ARTISTE GEMMA MONOSTEREO DANS LE CADRE FESTIVAL jIDAR ( 7ÈME ÉDITION ).
2022
ENCADRANTE DE ATELIER DESSIN ET PHOTOGRAPHIE AU CENTER CULTUREL À CASABALANC.
2020
– ATELIER SÉRIGRAPHIE L’ARTISTE RAHIMA EL AARROUD, INBA MAROC.
-ATELIER AVEC L’ARTISTE YOUNESS RAHMOUN, INBA MAROC.
-ATELIER AVEC L’ARTISTE MIKAEL DAOUDI, INBA MAROC.
-ATELIER AVEC L’ARTISTE KHALIL LAGHRIB, FEV.MAR, INBA MAROC.
2019
PARTICIPATION À LA 14 ÉME RENCONTRE DES ÉCOLE D’ART EN MÉDITERRANÉE
2019
ATELIER / FORMATION SUR LA RESTAURATION DES OEUVRES ARTISTIQUES, TÉTOUAN MAROC
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